(Numéro 33 - Cyberdiffusion du 24-06-2001)

LE MOT DE LA SEMAINE EST :  faim


Il est terrible
le petit bruit de l'œuf dur cassé sur un
comptoir d'étain il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.
Jacques Prévert (1900-1977) - Paroles
Le matin, je ne mange pas, je pense à toi ;
A midi, je ne mange pas, je pense à toi;
Le soir, je ne mange pas, je pense à toi ;
La nuit, je ne dors pas, j'ai faim !
anonyme
 
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LES ECHOS DE LASEMAINE DERNIERE : père
Vous trouverez aussi en post-scriptum le poème de Kipling envoyé par Benjamin R.
"Les enfants ont un sixième sens. Ils sont capables de humer l'air et de mesurer le taux de détermination de leurs parents."
Steve Martini - Ecrivain américain envoi de Sébastien P. de Paris
"J'avais l'impression d'être tributaire de mon père en permanence : "Papa, ma chaudière ne marche pas." "Papa, j'ai besoin de ton aide pour construire un appentis." "Papa, tu peux me prêter de l'argent pour m'acheter une voiture ?". Maintenant qu'il a un ordinateur, c'est lui qui m'appelle."
Den Schlaf (1966- ) Scénariste américain d'origine allemande envoi de Nicolas S. de Paris
 
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ET POUR FINIR
De l'origine des mots !
Le Duc de MORNY,ce soir-là, s'était rendu à la première représentation du Château de Barbe-Bleue, à l'Opéra-Comique.

Après une visite à plusieurs loges, il se présente dans celle de Mme Liadières qui lui parle des bruits de la journée :
- On annonce que le Président va balayer la Chambre. Que comptez-vous faire, Monsieur de Morny?
- Madame, s'il y a un coup de balai, je tâcherai de me mettre du côté du manche.

Le mot est devenu proverbial.
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POST-SCRIPTUM
TU SERAS UN HOMME MON FILS

Si tu peux voir détruire l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir,
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre,

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d'un mot,
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi,
Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n'être qu'un penseur,
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant,

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite,
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autre les perdront,
Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire,
Tu seras un homme, mon fils.
Rudyard Kipling
BONNE SEMAINE